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   Chômage en France - 4ème niveau de responsabilités

Chômage en France
Qui est responsable ? Un exemple de solution concrète

Par Jean-Baptiste de Foucauld
Président de Solidarités Nouvelles face au chômage et ancien commissaire au Plan


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  La responsabilité des demandeurs d'emploi eux-mêmes

Les demandeurs d'emploi eux-mêmes ne sont pas sans influence sur leur situation, et cela même lorsqu'il y a pénurie quantitative d'emplois.

Pourquoi ?

Parce que l'emploi n'est pas, en économie de marché, un bloc stable : chaque année, en France par exemple, 3 à 4 millions de contrats de travail s'interrompent (par départ en retraite, fin de CDD ou d'intérim, ou du fait de licenciements collectifs ou individuels), et 3 à 4 millions d'embauches se manifestent, sous des formes variées (un peu plus ou un peu moins que les "décrutements" selon les années).

Il y a donc en permanence des opportunités sur le marché du travail, même si celui-ci est globalement déficitaire par rapport aux besoins de la population.

Mais plus ce déficit est grand, plus la concurrence est forte pour l'accès au bien rare de l'emploi, et plus il y a risque, pour ceux dont les capacités sont jugées moins performantes, d'avoir une mauvaise place dans la file d'attente.

Il y a des opportunités, mais nul ne sait si et quand il trouvera, et les erreurs d'appréciation, positives (bonne surprise), ou négatives (échec non prévu) sont fréquentes, entraînant un stress réel au fur et à mesure que l'indemnisation baisse et que les ressources se réduisent. Selon que la recherche d'emploi est active ou non, selon qu'il y a capacité ou non à changer de métier ou de domicile, à suivre ou non une formation, à lancer ou non un projet, selon que les minima sociaux rendent peu attractive ou non une reprise d'emploi, l'impact sur le niveau de chômage ne sera pas le même. De là à ce que l'ensemble du problème puisse être traité à ce seul niveau, il y a un pas à ne pas franchir, et qui l'est parfois de manière abusive et inconsidérée.

On l'a dit, même sur un marché du travail déséquilibré, les occasions d'embauche sont nombreuses. Mais elles sont d'autant plus sélectives que le marché est déséquilibré.

Il convient donc que la recherche d'emploi soit dynamique, créative, adaptative et qu'elle ne se laisse pas progressivement dévitaliser par les déceptions successives.

Or, ce risque est réel.

On ignore trop que chercher un emploi est plus difficile qu'occuper un emploi : plus de repères, obligation de plaire, de s'adapter, de changer, de bouger.

On demande plus à un demandeur d'emploi qu'à un salarié, et cela à un moment où il est psychologiquement fragilisé, et où ses ressources s'amoindrissent.

Le risque de découragement est réel et compréhensible, fût-il exagéré. Il est évidemment auto-réalisateur. Ce risque est mal compris des autres, qui, du coup, jugent et stigmatisent les chômeurs, ce qui accroît le phénomène de repli. Les demandeurs d'emploi ont d'abord besoin d'être compris, soutenus, aidés à franchir une passe difficile.

Ce sont les conditions préalables à toute exigence à leur égard, conditions mal respectées souvent. D'où la question posée plus haut du lien social, mais qui ne doit pas non plus conduire à exonérer chaque demandeur d'emploi de sa responsabilité individuelle, qui, elle aussi, a sa part. Tout est une question d'équilibre, de mesure.

En définitive, il apparaît que pour lutter contre le chômage,
on a intérêt à forger en chacun une capacité d'acteur, une capacité à affronter l'adversité.

Mais celle-ci sera d'autant plus opérationnelle qu'elle sera adossée à un lien social tonique
et à un climat général d'optimisme et de foi dans l'avenir.

On voit bien d'ailleurs le continuum avec les niveaux précédents : ainsi un lien social actif et ouvert, non emprisonnant, soutenant l'initiative, facilitera une recherche d'emploi active ; ainsi le système institutionnel du deuxième niveau sera-t-il plus ou moins cohérent avec ce qui est prescrit aux demandeurs d'emplois : soit jouer franchement le jeu du marché et la création d'emplois nombreux, à bas prix et de moins bonne qualité si l'on veut mettre l'accent sur la responsabilité individuelle, soit accepter une certaine contrainte collective si on se place dans une logique de plein emploi de qualité.

Il est donc fondamental, pour construire une vision et une action cohérente,
d'avoir présent à l'esprit l'emboîtage de ces quatre niveaux.



 
>>> le livret Agir contre le chômage...