| Chômage en France
- 2ème niveau de responsabilités |
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Chômage en France
Qui est responsable ? Un exemple de solution
concrète
Par Jean-Baptiste de Foucauld
Président de Solidarités Nouvelles face au chômage et ancien
commissaire au Plan
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| Le jeu conjugué des acteurs,
des institutions et des politiques publiques |
La capacité de mise en cohérence des politiques
macro-économiques et sociales, des institutions et des acteurs
économiques et sociaux.
Ces éléments s'articulent plus ou moins bien entre eux.
Ainsi, le jeu des politiques, des institutions et des acteurs
peut-il aussi bien accroître les difficultés d'ordre systémique
du niveau supérieur qu'y remédier.
Ce qui frappe, en effet, c'est que dans le cadre d'une mondialisation
qui est, à peu de choses près, identique pour tous les pays,
les performances relatives des uns et des autres sont extrêmement
variables en matière d'emploi.
On notera tout d'abord que les pays qui ne
s'intègrent pas dans le marché mondial n'améliorent pas pour
autant leurs résultats. Il n'y a pas d'exemple de développement
auto-centré réussi. On n'élude pas les difficultés d'ordre systémique
évoquées plus haut en se plaçant hors système.
Quant aux pays qui jouent le jeu du marché mondial, force
est de constater que les situations sont fort contrastées,
entre ceux qui ont rétabli un quasi plein emploi et ceux qui
n'arrivent pas à sortir d'un chômage lourd et endémique.
La diversité se rencontre en Europe, aussi bien entre ceux qui
font partie de l'Union européenne depuis l'origine, que parmi
les nouveaux entrants : qu'est-ce qui explique que le chômage
soit de près de 10 % en France, de 5% au Royaume-Uni, ou encore
de 6-7 % en Slovénie et de 20 % en Pologne ? Comment le Danemark
a-t-il fait pour passer de 10% en 1994 à 5% aujourd'hui ?
La question essentielle, en effet, est celle
de la cohérence. Cohérence entre les différents éléments des
politiques macro et micro économiques, les relations sociales
au sens large, et les dispositifs institutionnels qui les accompagnent.
Sont particulièrement importants, chacun pris séparément, mais,
tout autant, chacun relié à l'ensemble des autres éléments suivants :
>>> la politique
monétaire qui doit concilier trois objectifs : la croissance
et l'emploi d'une part, la stabilité des prix d'autre part,
et des taux d'intérêt à long terme aussi bas que possible enfin.
Elle ne doit ni privilégier la croissance aux dépens de la stabilité
(ce qui fut fait pendant les trente glorieuses) ni la stabilité
à la croissance (tentation permanente de la BCE) ;
>>> la politique budgétaire qui
doit éviter de voir ses marges de manœuvre amputées par
une dette trop lourde (pesant en outre sur les générations futures),
afin d'être en mesure de jouer un rôle contra cyclique important
;
>>> le mode de fixation des salaires
qui doit viser à la fois à ce que la progression globale soit
égale à l'évolution de la productivité du travail, condition
d'une croissance régulière à moyen et long terme, tout en évitant
des situations micro-économiques où le coût du travail est supérieur
à la productivité du travail (risque de chômage accru) aussi
bien qu'inférieur à sa productivité (risque de sous-consommation).
La question du salaire minimum, de son mode de fixation et,
plus généralement, des "justes écarts de salaire" est dans cette
perspective importante ;
>>> la gestion du temps de travail,
qui peut favoriser l'emploi si elle s'accompagne d'un partage
des revenus ou d'une intensification de l'utilisation du capital
;
>>> les mécanismes divers d'aide
à la création d'entreprise et à la recomposition de l'emploi,
ainsi que l'accompagnement - formation des chômeurs et des travailleurs
;
>>> la transparence du marché du
travail et l'accompagnement des demandeurs d'emploi dans
leur recherche ;
>>> le mode de gestion des
minima sociaux et de l'indemnisation du chômage.
Selon que ces différents paramètres
seront plus ou moins bien ajustés,
plus ou moins cohérents entre eux et dans leur logique de fonctionnement,
les performances
en matière d'emploi seront bonnes ou mauvaises.
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