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Une taxe mondiale pour financer le développement Quels seraient ses avantages ?

Extrait d'un texte de Jean Merckaert,
chargé de programme Financement du développement au CCFD
Le 20 septembre dernier, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, Jacques Chirac a lancé, avec le président brésilien Lula, ainsi que le Chili et l'Espagne, une initiative en faveur de la création de taxes mondiales pour financer la lutte contre la faim et la pauvreté.
Plusieurs taxes sont envisagées, en particulier : sur les transactions financières, sur les ventes d'armes, sur les bénéfices des entreprises multinationales, les émissions de gaz à effet de serre, sur le transport aérien ou maritime. Les chefs d'Etat reprennent ainsi à leur compte une idée développée de longue date par les ONG, dont le CCFD.

Une taxe mondiale présenterait trois gros avantages : La position du CCFD

Avec ses partenaires européens de la CIDSE, le CCFD défend depuis plusieurs années l'idée d'une taxe sur les transactions de change, qui contribuerait aussi à juguler les effets négatifs de la spéculation internationale.

En mars 2004, il a été auditionné par le groupe d'experts mis en place par le Président de la République. Début septembre, il a participé à Brasilia à une rencontre entre les coalitions d'ONG françaises (Coordination Sud), brésiliennes (Abong) et chiliennes (Accion) et élaboré une réaction commune à l'initiative gouvernementale transmise lors de la réunion des Nations Unies le 20 septembre.

S'en prendre aux causes de la pauvreté

Le CCFD a salué, avec les autres ONG, l'initiative Lula-Chirac, tout en rappelant qu'elle ne permettrait pas, à elle seule, de régler le problème de l'extrême pauvreté et des inégalités. Il ne suffit pas de s'attaquer aux symptômes (niveau de vie inférieur à 1$/jour, malnutrition, mortalité infantile...) mais aux causes de la pauvreté :
  • Les mécanismes de fixation des prix et des salaires qui jettent chaque jour
    des milliers de personnes dans la pauvreté.
  • L'hémorragie fiscale généralisée due aux paradis fiscaux
  • La gestion de la dette internationale
Revoir la gestion de l'aide

Par ailleurs, la mise en place d'une taxe ne règle pas non plus la question centrale de l'utilisation des fonds collectés. La gestion actuelle de l'aide demande à être profondément repensée, afin qu'elle réponde réellement aux aspirations des populations concernées.

En 2005, le CCFD, avec d'autres organisations, fera pression au niveau international pour que le G8, en juillet, puis l'Assemblée générale des Nations Unies, en septembre, prenne la mesure de l'enjeu et que ces propositions ne restent pas lettre morte.